Femmes en action - Gabriel Loisy
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Femmes en action

l’ONG ivoirienne agissant pour l’autonomisation des femmes

Irad Gbazalé est directrice d’une école quand une réalité s’invite dans le quotidien scolaire. Elle se rend compte que certaines filles et certaines de leurs mères sont victimes de violences physiques par leurs pères ou maris. Elle décide alors d’agir et fonde l’ONG « Femmes en action » avec d’autres professeures et mères de familles.

L’ONG s’installe dans le quartier d’Abobo à Abidjan en 2009. Elle a pour but de favoriser l’autonomisation des femmes qu’elles aient 3 ans ou 60 ans.

Femmes en action s’active dans tous les domaines pouvant toucher la vie des femmes : la connaissance de leurs droits, l’alphabétisation, l’éducation à la sexualité, l’appui au maintien de la scolarité pour les filles, l’accès à des prêts pour démarrer une activité commerciale ou artisanale.

L’ONG est très opérationnelle car elle s’appuie sur le réseau de chacun.e de ses membres. Ainsi, des organismes nationaux la sollicite régulièrement lors de la mise en place de leurs programmes.

Femmes en action est organisée en plusieurs antennes sur l’ensemble du Sud de la Côté d’Ivoire. Chaque antenne a une responsable qui coordonne les bénévoles sur place. Ce système est efficace car les responsables locales connaissent parfaitement le terrain et les interlocuteurs idéaux pour faire avancer les actions.

Toutes les antennes de Femmes en action s’autofinancent en menant des actions. Par exemple, à Abobo, les locaux sont disponibles à la location pour les fêtes et rassemblements des habitants du quartier. Ce fonctionnement garantit à l’ONG une liberté d’action et de contenu.

Actuellement, l’association concrétise un programme qu’elle a conçu : Top fille. Il s’agit d’actions d’éducation à la sexualité par les paires.Elles sont menées dans les écoles et collèges à l’attention de jeunes (filles et garçons) de 8 à 24 ans. Dans un premier temps, 1500 jeunes ont été sensibilisés à la thématique de l’éducation à la sexualité. L’étape suivante est la constitution de focus groupes d’environ 25 filles et garçons. Ils seront formés et deviendront ambassadeurs du programme. Avec l’ONG, ils mettront en place des causeries participatives, des émissions radios et d’autres focus groupes. Ces actions sont fondamentales car tout ce qui a attrait à la sexualité n’est pas enseigné à l’école ou transmis dans les familles. Les agressions sexuelles ou viols sur mineurs sont courants. Peu de plaintes sont déposées par peur de représailles ou parce que les victimes n’ont pas les mots pour véritablement identifier ce qui s’est passé. Il y a également beaucoup d’informations à transmettre au sujet des maladies sexuellement transmissibles et du SIDA.

Si au départ Femmes en action voulait appliquer Top fille pour des jeunes de 14 à 25 ans, les membres de l’ONG se sont rapidement rendus compte que les problématiques en lien avec la sexualité (agressions, grossesses précoces, excisions, mariages forcés, …) commençaient bien plus tôt. Ainsi, pour que le programme ait un effet de prévention, il s’adresse aux jeunes à partir de 8 ans.

Pour favoriser l’autonomisation des femmes, Femmes en action propose à celles qui le souhaitent d’accéder à un crédit de départ pour lancer une activité commerciale ou artisanale. En effet, les femmes ont très rarement la possibilité d’obtenir des crédits et elles n’ont pas souvent les moyens d’autofinancer la création d’une entreprise. Chaque femme s’engageant dans la démarche est accompagnée. Elle peut bénéficier d’une formation de base à la gestion. Il est courant que les premières bénéficiaires transmettent leur expérience aux suivantes.

En juillet 2018, Irad Gbazalé, la présidente et fondatrice de l’ONG, a participé au forum international du leadership féminin African women of the future. Elle y a présenté le programme Top fille. Cela a permis à Femmes en action de se faire connaître auprès d’institutions internationales telles que l’UNICEF. Les besoins auxquels répond l’ONG sont considérables et les organismes nationaux comme internationaux en ont bien conscience.

Date

19 février 2019